Toux, respiration sifflante, oppression ou sensation d’essoufflement qui apparaissent au moment du coucher ou réveillent pendant la nuit : l’asthme peut être particulièrement gênant après quelques heures de sommeil. Mais pourquoi les symptômes semblent-ils s’intensifier la nuit ?
Pourquoi les symptômes peuvent-ils s’intensifier pendant le sommeil ?
L’asthme est une maladie inflammatoire des bronches dont les symptômes peuvent varier au cours de la journée. Chez certaines personnes, ils sont plus présents pendant la nuit ou au réveil.
Plusieurs mécanismes peuvent contribuer à cette variation. Pendant le sommeil, certains changements physiologiques peuvent modifier le fonctionnement des voies respiratoires. Mais il n’existe pas une seule explication valable pour toutes les personnes asthmatiques.
L’environnement et les facteurs déclenchants jouent également un rôle important. Pour une personne allergique aux acariens, par exemple, plusieurs heures passées au contact de la literie peuvent favoriser l’apparition de symptômes nocturnes.
Quels éléments dans la chambre peuvent aggraver les symptômes ?
La chambre peut concentrer plusieurs allergènes et irritants susceptibles de favoriser les symptômes de l’asthme, en particulier chez les personnes sensibles. La literie, l’humidité, les moisissures, les animaux domestiques ou encore certains produits parfumés peuvent notamment être en cause.
Les acariens
Les acariens sont présents notamment dans la poussière et la literie. Chez les personnes qui y sont allergiques, leur présence peut favoriser les symptômes respiratoires, particulièrement pendant plusieurs heures d’exposition au cours de la nuit.
Pour limiter leur présence, vous pouvez notamment :
- laver régulièrement les draps et le linge de lit ;
- privilégier des oreillers et couettes adaptés aux personnes allergiques ;
- limiter les tapis et textiles difficiles à nettoyer dans la chambre ;
- dépoussiérer régulièrement avec un chiffon humide ;
- aérer la pièce chaque jour.
L’humidité et les moisissures
Une chambre trop humide peut favoriser le développement de moisissures. Celles-ci peuvent également agir comme des allergènes et déclencher ou aggraver les symptômes chez certaines personnes.
Une bonne ventilation et le traitement rapide des traces de moisissures sont donc importants.
Les animaux domestiques
Les squames et autres allergènes provenant des animaux peuvent également provoquer des symptômes chez les personnes allergiques. Lorsque c’est nécessaire, éviter que l’animal entre dans la chambre peut contribuer à réduire l’exposition.
Les parfums et les irritants
Les sprays, parfums d’ambiance, bougies parfumées ou produits ménagers peuvent contenir des substances irritantes susceptibles de gêner certaines personnes asthmatiques. Si vous remarquez que certains produits déclenchent ou accentuent vos symptômes, mieux vaut limiter leur utilisation dans la chambre.
Il n’est pas nécessaire de transformer sa chambre en environnement stérile. L’objectif est surtout d’identifier les allergènes ou irritants qui déclenchent vos symptômes et de réduire votre exposition lorsque cela est pertinent.
Quels autres facteurs peuvent perturber la respiration la nuit ?
Les symptômes nocturnes ne sont pas toujours liés à l’environnement de la chambre.
Le reflux gastro-œsophagien
Le reflux peut être associé à des manifestations respiratoires, notamment une toux chronique, et peut aggraver l’asthme chez certaines personnes. Les symptômes de reflux surviennent notamment plus volontiers la nuit ou dans certaines positions.
Si vous présentez régulièrement des brûlures d’estomac, des remontées acides ou une toux nocturne, il peut être utile d’en parler à votre médecin.
Les infections respiratoires
Une infection virale peut également déclencher ou aggraver les symptômes de l’asthme. Les infections respiratoires virales sont notamment un facteur fréquent d’exacerbation. Une augmentation inhabituelle de la toux, de l’essoufflement ou de la respiration sifflante doit alors être surveillée.
Et l’apnée du sommeil ?
Les difficultés respiratoires nocturnes peuvent aussi avoir une autre origine. L’apnée obstructive du sommeil et l’asthme peuvent notamment coexister. Une personne qui ronfle fortement, présente des pauses respiratoires observées pendant son sommeil ou souffre de somnolence importante pendant la journée peut avoir intérêt à en parler à son médecin.
Certaines approches respiratoires peuvent être aussi des solutions complémentaires pour les personnes asthmatiques. La méthode Buteyko, par exemple, fait l’objet de nombreuses discussions quant à son intérêt dans la prise en charge de l’asthme.
Les réveils nocturnes sont-ils un signe que l’asthme est mal contrôlé ?
Un réveil occasionnel ne signifie pas nécessairement que votre asthme est mal contrôlé. En revanche, des symptômes qui se répètent la nuit méritent d’être pris en compte.
Au cours des dernières semaines, demandez-vous notamment :
- votre asthme vous a-t-il réveillé pendant la nuit ?
- avez-vous eu des symptômes d’asthme plusieurs fois par semaine ?
- avez-vous utilisé plus souvent votre traitement de secours ?
- votre asthme vous a-t-il empêché de pratiquer certaines activités ?
Les réveils nocturnes liés à l’asthme, l’augmentation des symptômes ou le recours plus fréquent au traitement de secours font partie des éléments utilisés pour évaluer le contrôle de la maladie.
Quand faut-il consulter ?
Des symptômes nocturnes répétés justifient un échange avec un professionnel de santé, en particulier s’ils s’accompagnent d’une augmentation des symptômes pendant la journée ou d’un recours plus fréquent au traitement de secours.
Une consultation est également importante lorsque les symptômes s’aggravent ou deviennent inhabituels.
Une crise qui ne s’améliore pas malgré le traitement de secours ou une gêne respiratoire importante peut correspondre à une exacerbation et nécessite une prise en charge adaptée.
En cas de difficulté respiratoire importante ou d’aggravation rapide, il faut rechercher une prise en charge médicale urgente.
À retenir
L’asthme peut être plus gênant la nuit pour différentes raisons. Les allergènes présents dans la chambre, certaines maladies associées comme le reflux, les infections respiratoires ou encore un asthme insuffisamment contrôlé peuvent contribuer aux symptômes.
Observer quand les symptômes apparaissent et dans quelles circonstances peut aider à identifier les facteurs qui les favorisent. Et lorsque les réveils nocturnes deviennent réguliers, ils constituent une information importante à partager avec son médecin.
FAQ
Pourquoi l’asthme est-il plus gênant la nuit ?
Les symptômes d’asthme peuvent naturellement varier au cours de la journée et être plus fréquents pendant la nuit et au petit matin. L’exposition aux allergènes de la literie, certaines comorbidités et un asthme insuffisamment contrôlé peuvent également contribuer aux symptômes nocturnes.
Les acariens peuvent-ils provoquer de l’asthme la nuit ?
Chez les personnes allergiques, les acariens présents notamment dans la literie peuvent favoriser les symptômes. Réduire l’exposition peut donc être utile lorsque cette allergie est identifiée.
Se réveiller la nuit signifie-t-il que mon asthme est mal contrôlé ?
Des réveils occasionnels ne permettent pas à eux seuls de conclure. En revanche, des réveils répétés liés à l’asthme font partie des signes d’un contrôle insuffisant et doivent être signalés au médecin.
Le reflux peut-il provoquer des symptômes respiratoires la nuit ?
Le reflux peut notamment provoquer une toux et aggraver l’asthme chez certaines personnes. Il est particulièrement susceptible de provoquer des symptômes la nuit ou dans certaines positions.
Comment améliorer l’air de ma chambre si j’ai de l’asthme ?
Aérer quotidiennement, limiter l’humidité, entretenir régulièrement la literie et réduire l’exposition aux allergènes auxquels vous êtes sensible peuvent contribuer à améliorer l’environnement de sommeil.
