La pollution de l’air touche tout le monde, néanmoins les personnes souffrant de maladies respiratoires sont particulièrement sensibles à ses effets.
Différents polluants, tels que les oxydes de soufre, peuvent notamment être responsables d’inflammations des voies respiratoires et augmenter le risque de bronchite chronique ou de bronchoconstriction. En outre, certaines nanoparticules présentes dans l’air peuvent induire un stress oxydatif et une augmentation des symptômes respiratoires chez les patients atteints d’asthme. (Source : Msdmanuals.com)
Pour surveiller la pollution de l’air extérieur au quotidien, il est possible de s’appuyer sur l’Indice de Qualité de l’Air (IQA ou AQI). Celui-ci quantifie sur une échelle de un à dix la concentration de polluants dans l’air ambiant par agglomération. (Source : Data.gouv.fr)
Surveiller cet indice au quotidien, lorsque l’on souffre d’asthme, revêt un intérêt certain. En cas de valeurs trop élevées, il est alors conseillé de se munir de son traitement si l’on souhaite se rendre en extérieur.

Garder un œil sur les conditions météorologiques
Les conditions météorologiques peuvent avoir différents impacts sur les voies respiratoires. En cas de voies respiratoires sensibles, ou hyperréactives, l’air froid et sec peut notamment déclencher des bronchospasmes dans les tubes respiratoires les plus fins des poumons et provoquer ainsi une crise d’asthme.
Selon une étude menée en 2014 par l’Université de Fudan en Chine, le nombre d’hospitalisations dues à l’asthme augmente de ce fait considérablement pendant les mois d’hiver. (Source : Journals.plos.org)
Pour éviter cela, lorsque l’on souffre ou non d’asthme, il peut être utile de se couvrir la bouche avec un foulard ou un masque afin de s’assurer que l’air inhalé reste chaud et humide.
Des températures plus élevées associées à une humidité correspondante peuvent également s’avérer être problématiques et sont plus difficiles à gérer. Dans une étude conduite en 2012, l’Université du Kentucky a examiné les effets d’un temps humide sur la fonction pulmonaire.
Les chercheurs ont mesuré la résistance des voies respiratoires comme indicateur de la facilité à respirer. Après une exposition de quatre minutes à un air chaud et humide (49 °C à 75-80 % d’humidité), la résistance des voies respiratoires a augmenté de 112 % chez les personnes asthmatiques, alors qu’elle n’a augmenté que d’environ 22 % dans le groupe sain. (Source : Atsjournals.org)
Si l’on souhaite pratiquer une activité physique en extérieur pendant les chaudes journées d’été, il est donc préférable de le faire durant les heures les plus fraîches.
Par ailleurs, le vent qui résulte de fronts météorologiques peut également déclencher des symptômes d’asthme, car il soulève différents allergènes, comme le pollen ou les moisissures. De plus, les changements de pression atmosphérique ne sont, de même, pas sans effet sur les voies respiratoires et les bronches.
Ces conditions de vent sont difficilement prévisibles. Dès lors, il est avisé d’utiliser une application météo afin de garder un œil sur les températures, l’IQA susmentionné ainsi que les fronts météorologiques à venir.
L’asthme en été
Dès les premiers rayons de soleil estivaux, on est souvent tenté de s’aventurer prendre un bol d’air frais. Toutefois, si vous souffrez d’asthme, il convient de faire preuve de prudence, et ce, même en cette saison.
En effet, les personnes atteintes d’asthme peuvent déjà se heurter à différents problèmes dès que les températures dépassent les 25 degrés. Les patients souffrant de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) doivent quant à eux se protéger encore davantage, car les fortes chaleurs sollicitent sensiblement plus leurs poumons.
Plusieurs facteurs sont responsables de cette situation et peuvent entraîner des réactions graves. La déshydratation et la surchauffe, en particulier, peuvent occasionner chez les asthmatiques non seulement des problèmes circulatoires, mais également des difficultés respiratoires.
La variation fréquente des températures en été impose au corps de s’adapter sans cesse. De plus, la multitude des pollens et la pollution due aux gaz d’échappement des véhicules, particulièrement tenaces dans l’air, accroissent l’intensité des symptômes.
Pour se protéger, il convient donc d’éviter toute activité fatigante en cas de fortes chaleurs. Par ailleurs, il est impératif de veiller à s’hydrater en suffisance et d’éviter les repas lourds.
Il est également important d’entraîner ses muscles respiratoires au moyen d’exercices de respiration ou de marche de faible intensité afin qu’ils puissent s’adapter, plus aisément, aux changements constants de températures. Cela étant, cette activité se pratiquera idéalement tôt le matin ou tard le soir.
L’asthme en hiver
L’hiver est une saison qui souvent séduit et apaise par son onirisme et la beauté de ses paysages. Pour les personnes souffrant d’asthme, en revanche, les mois d’hiver peuvent être particulièrement redoutés.
En effet, l’air froid peut surmener les bronches sensibles des patients asthmatiques. Lorsque s’ajoute à cela un brouillard humide, on observe une augmentation de la fréquence des crises d’asthme. C’est pourquoi il est convient d’observer la plus grande prudence en cette saison.
Notons que bien que l’air glacial ne soit pas un déclencheur de l’asthme en lui-même, il peut néanmoins renforcer la réaction à d’autres facteurs de risque, voire occasionner une détresse respiratoire.
En outre, en cas d’affection sévère, il faut éviter de passer rapidement d’un environnement à l’autre. En effet, cette transition peut entraîner une contraction des voies respiratoires.

Évitez les pics de circulation et privilégiez le métro
Bien que ce ne soit pas chose aisée, évitez, dans la mesure du possible, la proximité du trafic routier aux heures de forte affluence. L’inflammation des voies respiratoires y est, en effet, accrue, que vous soyez conducteur ou piéton, et est susceptible de déclencher des crises d’asthme.
Dès lors, en heure de pointe ou lors de jours particulièrement chargés, il est préférable d’emprunter le métro si on le peut.
En 2015, l’Institut d’évaluation environnementale et de recherche sur l’eau de Barcelone a mené une étude comparant la qualité de l’air de différents modes de transport. Ses résultats ont démontré que le mode de transport qui affichait la concentration en particules polluantes la plus faible était le métro. (Source : Sciencedirect.com)
Profiter de barbecues malgré l’asthme ? C’est possible !
Lorsque la belle saison commence, l’appel de la grillade ne se fait souvent pas attendre. Néanmoins, profiter d’un barbecue peut comporter certains risques pour les personnes souffrant d’asthme.
En effet, les barbecues au charbon de bois produisent de fines particules de suie qui non seulement polluent l’air, mais peuvent également provoquer des dépôts profonds dans les poumons, entraînant la survenue d’irritations.
Une étude menée en 2017 par l’Université d’Ottawa a révélé que les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) présents dans la fumée du charbon de bois peuvent provoquer des mutations de l’ADN, des maladies respiratoires , voire même des cancers du poumon. (Source : Nlm.nih.gov)
Si vous ne souhaitez néanmoins pas renoncer à ce plaisir estival, il convient de respecter certaines règles :
- Assurez-vous d’être sur le côté du barbecue lorsque vous ouvrez le capot. Dans le cas contraire, la fumée, la chaleur et les arômes peuvent être envahissants.
- Si vous commencez à tousser, cela signifie que vous êtes encore trop exposé à la fumée. Dans ce cas, tenez-vous à l’écart du barbecue ou portez un masque FFP2.
- À long terme, il peut être conseillé d’investir dans un barbecue au gaz naturel. Celui-ci émet, en effet, considérablement moins de CO2 et de particules fines qu’un barbecue au charbon.
Le pollen et les moisissures, principaux responsables de l’asthme en plein air
L’exposition saisonnière à des allergènes à l’extérieur peut également déclencher de l’asthme. Les pollens d’arbres et d’herbes font partie des déclencheurs d’asthme les plus fréquents.
La concentration de pollen varie substantiellement selon l’endroit où l’on se trouve. Notons que la plupart des pollens d’arbres tombent au printemps, ceux des graminées en été, tandis que ceux des mauvaises herbes s’échappent davantage en automne.
En ce qui concerne l’exposition aux moisissures à présent, celle-ci dépend de l’humidité ambiante ainsi que de l’abondance des précipitations.
En intérieur, comme en extérieur, il importe de réduire l’exposition aux déclencheurs d’asthme afin d’éviter la survenue de crises. Si le pollen est connu pour être l’un des déclencheurs de votre asthme, il peut être utile de prendre une douche après avoir passé du temps à l’extérieur afin de l’éliminer.
De même, fermer toutes les fenêtres pendant la saison pollinique peut contribuer à réduire l’exposition.
Une étude conduite en 2019 par l’Université d’Oulu en Finlande a démontré que même une brève exposition au pollen augmente significativement le risque de symptômes allergiques et asthmatiques. (Source : Bmj.com)
Dans le cas où il ne serait pas possible d’éviter un déclencheur d’asthme identifié, il est conseillé de suivre un traitement préventif.

Prévenez l’exposition aux déclencheurs d’asthme
Si vous avez connaissance des déclencheurs d’asthme dans votre situation, mais que ces derniers sont inévitables,l’utilisation préventive d’un inhalateur d’urgence peut s’avérer utile.
En inhalant deux bouffées de l’inhalateur environ 15 à 20 minutes avant l’exposition prévue, vous pouvez contribuer à repousser les symptômes de l’asthme ou à vous en rétablir plus rapidement.
Que faire en cas de crise d’asthme à l’extérieur ?
Il n’est pas toujours possible d’éviter la survenue d’une crise d’asthme. Si vous remarquez qu’une crise se prépare, il est important de garder son calme dans un premier temps. En effet, la panique peut vous desservir et aggraver votre crise d’asthme.
Si vous disposez d’un traitement d’urgence, il peut être utile de l’inhaler à titre préventif. Dans le cas où l’inhalation ne serait pas possible, vaporisez-le directement sur la muqueuse de la joue.
En outre, si une crise d’asthme s’annonce, ne restez pas debout. Cherchez une position assise dans laquelle votre corps peut se détendre. La position assise dite du “siège du cocher”, dans laquelle vous reposez vos coudes sur vos genoux, par exemple, est idéale.
Vous pouvez également utiliser l’exercice du frein labial. Pour cela, il vous suffit de placer légèrement vos lèvres l’une contre l’autre lorsque vous expirez. Cette méthode permet de maintenir les voies respiratoires dégagées et permet de laisser place à un air renouvelé plus aisément. Veillez à laisser ensuite un moment de répit à votre corps avant de reprendre vos activités.
Si toutefois une crise d’asthme ne peut être évitée, consultez un médecin en urgence.
