Parfois, seules quelques heures séparent le dernier jour de vacances du premier jour de travail. Ce changement brutal peut peser sur l’humeur et le niveau d’énergie. C’est ce que l’on appelle parfois le blues de la rentrée. Une reprise progressive peut toutefois aider à retrouver plus facilement son rythme.
Vous connaissez peut-être cette sensation qui apparaît dès le dimanche soir, alors même que la valise n’est pas encore complètement défaite.
Le réveil sonne deux heures plus tôt le lundi matin qu’au cours des semaines précédentes et les premiers e-mails vous attendent déjà. Après les vacances d’été, de nombreuses personnes ressentent une baisse de moral, parfois appelée « blues de la rentrée ».
Il ne s’agit pas d’un diagnostic médical ni d’une forme de dépression saisonnière. Pourtant, le passage brutal d’une période de détente à un quotidien rythmé par les rendez-vous, les obligations et la pression professionnelle peut être difficile à vivre, surtout lorsque la vie quotidienne était déjà exigeante avant les vacances.
Pourquoi le retour de vacances est-il parfois si difficile ?
Les vacances ont un effet positif démontré sur le bien-être. Une méta-analyse publiée par Grant et ses collègues en 2025, portant sur 32 études et 256 tailles d’effet, a conclu que les vacances avaient un effet significativement positif sur le bien-être des salariés.
Le fait de pouvoir prendre ses distances avec le travail et de pratiquer une activité physique pendant les vacances semblait notamment associé à un meilleur bien-être.
Alors, pourquoi le retour à la maison peut-il provoquer ce sentiment de malaise ?
Pendant les vacances, certaines sources de stress disparaissent temporairement : plus de trajet quotidien, moins de rendez-vous, moins d’e-mails professionnels et parfois aucune consultation du téléphone de travail. Puis, le lundi matin, toutes ces contraintes reviennent presque simultanément.
Irritabilité, difficultés de concentration, troubles du sommeil ou tensions physiques peuvent notamment être associés au stress. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) décrit le stress comme une réponse naturelle de l’organisme face à des situations difficiles. Il devient davantage problématique lorsqu’il persiste et perturbe la vie quotidienne.
Pourquoi la reprise est-elle plus difficile pour certaines personnes ?
Deux personnes peuvent rentrer de vacances le même dimanche soir et vivre leur lundi de manière complètement différente. Pourquoi ? L’un des facteurs essentiels est ce qui les attend au retour.
Selon l’OMS, une charge de travail importante, un faible contrôle sur ses tâches ou encore l’insécurité professionnelle font partie des facteurs psychosociaux susceptibles d’affecter la santé mentale au travail. Une personne qui retrouve un agenda surchargé après deux semaines de calme peut donc ressentir un contraste particulièrement marqué.
Prenons l’exemple de Sophie, 41 ans, cheffe de projet. Le dimanche soir, elle enlève encore le sable de ses baskets tandis que 86 messages non lus s’affichent sur son téléphone. Le lendemain matin, sa première réunion commence à 8 heures.
Ce sentiment désagréable n’a pas nécessairement grand-chose à voir avec la fin de l’été. Il peut surtout révéler à quel point le rythme habituel du travail est devenu stressant.
Deux petits réflexes peuvent faciliter la reprise :
- Attendez le début officiel de votre journée de travail avant de consulter vos messages professionnels.
- Le premier jour, prévoyez un court moment pour organiser vos tâches avant de répondre à chaque demande.
Blues de la rentrée et dépression saisonnière : deux phénomènes différents
L’expression « blues de la rentrée » peut faire penser au « blues hivernal », mais ces deux phénomènes doivent être distingués.
Le trouble affectif saisonnier, ou dépression saisonnière, est une forme de dépression qui revient à une période particulière de l’année, généralement pendant les mois d’hiver.
Le blues post-vacances correspond plutôt à la période de transition entre les vacances et le retour au quotidien. Il ne s’agit pas d’un diagnostic médical à part entière.
Par ailleurs, les données disponibles ne permettent pas d’affirmer que le blues post-vacances est généralement plus intense que le blues hivernal.
| Après les vacances | Dépression saisonnière |
|---|---|
| Survient dans le contexte du retour aux habitudes quotidiennes | Suit un rythme saisonnier |
| Le travail et les contraintes du quotidien occupent souvent une place importante | S’accompagne de symptômes dépressifs caractéristiques |
| Ne constitue pas un diagnostic médical indépendant | Forme reconnue de dépression |
| Tendance à s’atténuer avec la reprise du rythme habituel | Peut nécessiter une prise en charge |
Que faut-il en retenir ? Plutôt que de se focaliser sur l’étiquette, il est plus utile d’observer la durée, l’intensité et l’impact des symptômes sur votre quotidien.
Comment faire revenir progressivement un peu de vacances dans son quotidien ?

Le premier réflexe peut être de vouloir tout rattraper le plus rapidement possible. Pourtant, cette approche risque de rendre la reprise inutilement difficile. Une transition plus progressive est généralement plus réaliste.
Voici quelques habitudes simples à adopter pendant les premiers jours :
- Le matin, notez trois tâches maximum qui doivent réellement être terminées dans la journée.
- Prévoyez une vraie pause déjeuner et, si possible, quittez votre lieu de travail pendant cette pause.
- Conservez une habitude agréable de vos vacances dans votre quotidien, par exemple une promenade après le dîner.
- Évitez de remplir complètement votre agenda le premier week-end après la reprise.
Il ne s’agit pas simplement de se distraire. Une méta-analyse consacrée à la récupération pendant les vacances par Speth, Wendsche et Wegge suggère notamment que la capacité à prendre ses distances avec le travail et l’activité physique peuvent être associées à un meilleur bien-être pendant et après les vacances.
Une promenade à 18 heures ne remplacera évidemment pas une semaine au bord de la mer. Mais elle peut permettre de conserver une petite partie de ce qui rendait les vacances agréables.
Que peut révéler votre baisse de moral sur votre quotidien ?
Parfois, le blues post-vacances disparaît après quelques jours. Mais il peut aussi faire émerger une question : pourquoi ai-je autant de mal à retrouver mon quotidien ?
Cette réflexion peut être utile. Est-ce le réveil matinal ? Une réunion en particulier ? Une charge de travail trop importante ? Ou simplement la perspective d’une semaine sans temps pour soi ?
Une charge de travail durablement élevée ne peut pas toujours être résolue par quelques exercices de relaxation. L’OMS recommande notamment d’agir sur les conditions de travail lorsqu’elles contribuent au stress psychologique, par exemple en favorisant davantage de flexibilité ou en adaptant certaines conditions de travail stressantes.
Pendant une semaine, prenez chaque soir quelques minutes pour noter une phrase : qu’est-ce qui m’a pris le plus d’énergie aujourd’hui ? À côté, notez une chose sur laquelle vous avez la possibilité d’agir.
Après quelques jours, il peut devenir plus facile de distinguer une simple difficulté à reprendre le rythme d’un problème précis dans votre quotidien qui mérite davantage d’attention.
Quand le blues de la rentrée devient-il préoccupant ?
Quelques jours de mauvaise humeur après des vacances agréables ne signifient pas nécessairement que vous êtes déprimé.
En revanche, si une baisse de moral, une perte d’intérêt ou d’autres symptômes psychologiques persistent, s’intensifient ou commencent à perturber votre vie quotidienne, il peut être utile d’en parler à un médecin ou à un professionnel de santé mentale.
Les symptômes d’une dépression peuvent notamment inclure une humeur durablement dépressive ainsi qu’une perte d’intérêt ou de plaisir. Dans le cas d’une dépression saisonnière, ces symptômes apparaissent selon un schéma saisonnier récurrent.
Les changements remarqués par votre entourage peuvent également constituer un signal utile. Si votre partenaire vous demande, par exemple, pourquoi vous êtes particulièrement silencieux depuis plusieurs jours, cette observation extérieure peut vous aider à prendre conscience d’un changement.
Si vous avez des pensées suicidaires ou vous sentez en danger, ne restez pas seul et recherchez rapidement une aide professionnelle.
Bref : quelques jours peuvent être nécessaires pour retrouver son rythme
Le blues de la rentrée n’est pas une maladie. Le retour au quotidien peut néanmoins être difficile, surtout lorsque peu de temps sépare les journées de repos de la reprise du travail.
Accordez-vous quelques jours pour retrouver progressivement vos habitudes et essayez de conserver de petits moments de détente dans votre quotidien.
Si la baisse de moral persiste, prenez le temps de vous interroger sur ce qui vous pèse réellement. Parfois, la difficulté à retrouver le rythme du lundi matin révèle un aspect de la vie quotidienne qui était moins visible pendant les vacances.
FAQ
Qu’est-ce que le blues post-vacances ?
Le blues post-vacances désigne une baisse de moral qui peut survenir après une période de vacances, au moment du retour aux habitudes et aux obligations quotidiennes. Il ne s’agit pas d’un diagnostic médical.
Pourquoi suis-je triste après mes vacances ?
Le passage d’une période de repos à un quotidien rythmé par les rendez-vous, les obligations et le travail peut être stressant. Le contraste est particulièrement marqué lorsque le quotidien était déjà source de stress avant les vacances.
Combien de temps dure le blues post-vacances ?
Il n’existe pas de durée médicalement définie. Si la baisse de moral persiste, s’aggrave ou perturbe significativement votre quotidien, il est préférable d’en parler à un professionnel de santé.
Qu’est-ce qui peut aider à mieux vivre le retour de vacances ?
Une première journée de travail réaliste, des pauses régulières et le maintien de petites habitudes agréables peuvent faciliter la transition. Identifier les sources précises de stress dans son quotidien peut également aider.
Le blues de la rentrée est-il une forme de dépression ?
Non. Le blues de la rentrée n’est pas un diagnostic médical. En revanche, des symptômes dépressifs persistants doivent être évalués par un médecin ou un professionnel de santé mentale.
