Le premier jour de vacances n’est pas toujours un simple “interrupteur off” pour le corps, mais plutôt une phase de transition. Réduire progressivement le travail, le stress et les stimuli peut aider à éviter certains désagréments physiques.
Quand les vacances commencent… et que le corps lâche
Les valises sont prêtes, l’ordinateur est fermé, le travail est terminé. Et pourtant, c’est précisément à ce moment-là que la gorge gratte, que la tête est lourde ou que le corps semble épuisé.
Ce phénomène est souvent appelé “leisure sickness”, ou “maladie des loisirs”.
Le terme vient du psychologue néerlandais Ad Vingerhoets, qui a étudié ce phénomène avec son équipe à l’université de Tilburg au début des années 2000.
Pourquoi la “maladie des vacances” n’est pas “dans la tête” ?
Le “leisure sickness” désigne un ensemble de symptômes qui apparaissent surtout le week-end ou pendant les vacances : maux de tête, fatigue, douleurs musculaires, nausées ou encore symptômes proches d’un état grippal.
Dans une étude pilote, le psychologue Ad Vingerhoets et son équipe ont interrogé plus de 1 800 personnes. Environ 3 % d’entre elles disaient reconnaître ce phénomène.
Ce n’est pas un diagnostic médical officiel, comme la grippe ou la migraine. Pourtant, l’expérience est bien réelle pour certaines personnes : après une longue période de stress, les symptômes peuvent apparaître uniquement lorsque la pression retombe.
Un scénario typique : vous êtes enfin en vacances, assis avec un café, le téléphone posé sans notifications. Et au lieu de la détente attendue, une sensation de tension ou de lourdeur apparaît. Comme si le corps se rappelait à vous… seulement maintenant que tout s’est arrêté.
Le rôle des hormones du stress
Sous stress, le corps fonctionne en mode “performance”. Le cortisol et d’autres hormones du stress permettent de rester éveillé, concentré et efficace à court terme.
Mais en cas de stress chronique, ce système peut perturber l’équilibre global, y compris celui du système immunitaire.
Des recherches récentes montrent que l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, impliqué dans la gestion du cortisol, influence aussi les réponses immunitaires.
Cela signifie-t-il que la baisse soudaine du stress en vacances rend malade ? Pas directement.
La réalité est plus complexe : il s’agit souvent d’un mélange de fatigue accumulée, manque de sommeil, changement de rythme, voyages, exposition à des virus et rupture brutale du quotidien.
Le facteur clé semble être cette transition brutale : hier encore, huit réunions. Aujourd’hui, silence total. Le corps a parfois besoin d’un “temps d’atterrissage”.
Comment mieux vivre la transition vers les vacances ?
Beaucoup de personnes terminent leur semaine de travail dans l’urgence : dossiers, mails, transmissions, dernières tâches.
Résultat : le corps commence les vacances… encore en mode “stress”.
Quelques ajustements simples peuvent aider :
- Éviter les décisions importantes le dernier jour de travail
- Préparer la transmission dès le matin, pas dans l’urgence du soir
- Prévoir une seule activité légère pour le premier jour de vacances
- Couper les notifications professionnelles visibles
- Garder une heure de coucher stable
Le sommeil est particulièrement important : des horaires réguliers, un environnement calme et frais, moins d’écran avant de dormir et éviter l’alcool tardif permettent d’éviter une sensation de “mini décalage horaire” dès le début des vacances.
Qui est le plus concerné ?
Certaines études suggèrent que les personnes ayant une forte charge mentale, un grand sens des responsabilités ou des difficultés à “déconnecter” seraient plus concernées.
Ce profil est fréquent : des personnes habituées à fonctionner en permanence en mode productif, pour qui le repos ne déclenche pas immédiatement une sensation de détente.
Le problème n’est pas un manque de discipline. C’est plutôt une transition trop brutale entre deux états.
Quelques ajustements utiles :
- Ne pas commencer de nouveaux projets le dernier jour
- Éviter les longues listes de tâches dès le premier jour de vacances
- Prévoir une activité douce (ex : 20 minutes de marche)
- Garder une soirée calme et peu stimulante
Pourquoi les vacances restent bonnes pour la santé ?
Le “leisure sickness” ne signifie pas que les vacances sont néfastes. Au contraire, plusieurs études montrent que les vacances améliorent le bien-être, au moins à court terme.
Le problème n’est donc pas de partir en vacances, mais la manière d’y entrer.
Un départ trop chargé (voyage long, repas lourds, coucher tardif) rend la récupération plus difficile.
| Mauvaise habitude | Alternative plus saine |
|---|---|
| Travailler tard la veille | Tout clôturer en début d’après-midi |
| Voyager sans pause | Ajouter une journée tampon |
| Garder les notifications actives | Désactiver les alertes pro |
| Tout prévoir dès le 1er jour | Activité légère uniquement |
Que faire si les symptômes apparaissent déjà ?
Si vous tombez malade au début des vacances, traitez les symptômes comme n’importe quelle autre situation :
- Hydratation suffisante
- Repos
- Alimentation légère
- Éviter l’alcool
Consultez un médecin en cas de fièvre élevée, douleurs importantes, essoufflement, douleur thoracique, confusion ou aggravation nette.
Pour les symptômes légers, une approche simple peut aider :
- Prendre la température
- Se reposer 30 minutes sans écran
- Boire de l’eau ou une tisane
- Reporter les activités prévues
- Réévaluer le lendemain
L’OMS recommande notamment un sommeil régulier, une activité physique modérée et un bon soutien social pour réduire l’impact du stress.
Mieux préparer ses prochaines vacances
La clé se joue avant le départ :
- Commencer une liste de tâches 2 semaines avant
- Organiser les transmissions 1 semaine avant
- Ne plus accepter de nouvelles obligations 3 jours avant
- Dormir plus tôt la veille
- Démarrer les vacances en douceur
L’objectif n’est pas la perfection, mais une transition progressive.
Bref…
Le “leisure sickness” n’est pas un signe de faiblesse. Il reflète surtout une période prolongée de fonctionnement en mode “performance”.
Lorsque la pression retombe, le corps peut enfin exprimer fatigue, douleurs ou petits symptômes restés en arrière-plan.
Les vacances doivent être pensées comme un atterrissage : progressif, calme et sans rupture brutale. C’est ce qui permet réellement de récupérer.
FAQ
- Qu’est-ce que le “leisure sickness” ?
Il s’agit de symptômes (fatigue, maux de tête, rhume…) apparaissant surtout pendant les week-ends ou les vacances. - Pourquoi certaines personnes tombent malades en vacances ?
Le stress chronique, le manque de sommeil, les voyages et le changement brutal de rythme sont souvent en cause. - Est-ce une vraie maladie ?
Non, ce n’est pas un diagnostic médical officiel, mais les symptômes peuvent être bien réels. - Comment l’éviter ?
En préparant mieux la transition : réduire le stress avant le départ, dormir suffisamment et commencer les vacances en douceur. - Le stress peut-il affaiblir l’immunité ?
Oui, le stress chronique peut influencer le système immunitaire, selon plusieurs études.
