Très peu de personnes à travers le monde effectuent une consultation et des examens médicaux systématiques chaque année. Les raisons sont diverses. Pour la plupart des gens, c’est l’argument du caractère désagréable de certains examens qui est souligné. Pour d’autres, c’est plutôt l’anxiété liée à l’annonce d’un diagnostic grave qui maintient les gens éloignés des hôpitaux, sauf urgence.
Pour autant, cette attitude n’est pas idéale. Certaines pathologies graves évoluant à bas bruit ne peuvent être diagnostiquées que sur la base d’un check-up de routine. Plus tôt vous vous serez habituée, mieux cela vaudra pour vous, que vous soyez une homme ou une femme. Le point sur les examens essentiels à effectuer régulièrement pour anticiper les problèmes de santé dont l’évolution peut être problématique.

Des examens gynécologiques annuels
Comme évoqué précédemment, de nombreuses pathologies se développent sur une longue période sans symptômes identifiables et bon nombre d’entre elles concernent l’appareil gynécologique. Les répercussions en l’absence d’un dépistage et d’un diagnostic précoces peuvent être graves et entraîner entre autres une stérilité ou un cancer. Pour limiter ces répercussions, une visite annuelle chez le gynécologue est fortement recommandée, et ce, à partir du 1er rapport sexuel. Ce rythme peut être maintenu jusqu’à l’âge de 30 ans. Après la trentaine, deux visites annuelles sont indiquées. Différents examens sont essentiels dans le cadre des visites systématiques chez le gynécologue. Découvrons-les de ce pas.
Le test Papanicolaou (encore appelé test Pap ou frottis cervical)
Ce test normalement réalisé lors de chaque consultation gynécologique de routine consiste en un prélèvement cytologique de l’épithélium du col de l’utérus, qui sera analysé en laboratoire à la recherche d’anomalies pouvant indiquer une néoplasie du col de l’utérus à un stade précoce.
Cette pathologie ne présente aucun symptôme aux stades précoces dans la majeure partie des cas, et généralement, lorsque des signes cliniques sont détectés, la maladie est déjà à un stade très avancé, voire irréversible. Les chances de guérison sont alors faibles, et l’issue souvent fatale (décès).
C’est tout l’intérêt de réaliser le frottis cervical à une fréquence régulière.
L’imagerie des seins
Le cancer du sein est une pathologie dont la fréquence est en augmentation dans le monde. Bien que des hommes soient aussi concernés par cette maladie, les femmes restent de loin les plus touchées, et comme pour le cancer du col de l’utérus, le développement est souvent insidieux. Pris en charge précocement, le cancer du sein à une évolution très souvent favorable. C’est ce qui justifie l’importance d’une détection précoce de cette pathologie chez la femme, et cela passe certes par l’auto-palpation quotidienne des seins, mais aussi par des explorations paracliniques axées sur l’échographie mammaire (avant 40 ans), et la mammographie au-delà de 40 ans. Idéalement, l’un ou l’autre de ces examens doit être réalisé au moins une fois par an à partir de 40 ans, et en cas de doutes ou d’images suspectes, une imagerie par résonance magnétique peut permettre d’approfondir les explorations, pour décider de la conduite à tenir.

La coloscopie
La coloscopie fait partie du paquet d’examens paracliniques recommandés à une fréquence régulière, tant chez les hommes que chez les femmes. Cette exploration s’impose comme un examen de plus en plus incontournable, avec l’augmentation de l’incidence des cancers digestifs, et surtout du cancer du côlon.
Le problème avec la colposcopie, c’est son caractère assez désagréable, qui justifie la réticence de bon nombre de patients. Toutefois, vu l’importance du dépistage précoce des néoplasies du côlon, il est indispensable de faire une fois par an une colposcopie. Pour pallier ces désagréments, et afin d’augmenter le confort des patients, la coloscopie doit être effectuée dans des établissements médicaux modernes sous anesthésie.
La colposcopie peut être complétée selon les cas par une ano-recto-sigmoidoscopie, pour étendre l’exploration à l’anus et aux segments terminaux du gros intestin. Un des principaux avantages, c’est la possibilité d’effectuer des mesures thérapeutiques séance tenante per examen, par exemple en cas de détection de petits polypes ou de tumeurs. L’opérateur à la possibilité de les retirer, et d’éviter ainsi une intervention chirurgicale différée.
La société américaine contre le cancer préconise la réalisation d’une colposcopie une fois tous les 5 ans à partir de 45 ans, quel que soit le sexe. Cette recommandation s’appuie sur une élévation considérable de l’incidence des décès directement liés au cancer du côlon a fortement augmenté chez les personnes de moins de 50 ans, comme l’indique le célèbre portail de santé Harvard Health Publishing.
L’examen dermatologique
Environ 80 000 personnes sont concernées chaque année par un cancer de la peau en France, et ce nombre est en augmentation. Les causes sont multiples, et de plus en plus identifiées. Le principal mécanisme causal découle du fait que la peau humaine constitue la première ligne de défense contre les influences nocives, et qu’elle est en même temps exposée aux charges les plus élevées des influences environnementales toxiques. En outre, la probabilité de développer des mélanomes ou grains de beauté, qui sont en fait des petites tumeurs beignes localisées des mélanocytes de la peau, augmente avec l’âge. Ce faisant, il y a possibilité d’une cancérisation de ces lésions, avec des répercussions drastiques sur la santé.
Un examen dermatologique vous permettra d’être alerte sur des signes précoces. Votre dermatologue vous indiquera particulièrement l’importance de faire attention aux changements dans vos grains de beauté, quelle que soit leur taille, et de les faire voir par un spécialiste au moins une fois par an pour un examen.

L’examen de la glande thyroïde
Du fait du rôle majeur qu’elle joue dans la régulation de nombreuses fonctions organiques, la glande thyroïde est l’une des glandes les plus importantes du système endocrinien. Des perturbations dans son fonctionnement sont susceptibles d’entraîner des problèmes de santé importants, qui affectent majoritairement la gent féminine à l’âge de la retraite. Les femmes plus jeunes peuvent également être touchées, et dans tous les cas, des symptômes tels que des variations du poids corporel (perte de poids le plus souvent), des problèmes menstruels et des sauts d’humeur, ainsi que des contractures musculaires intermittentes.
Le diagnostic et le traitement d’éventuels troubles de la glande thyroïde passe par des tests sanguins réguliers pour doser les hormones thyroïdiennes. Il est recommandé de faire examiner la glande thyroïde tous les 18 mois.
Glycémie et cholestérolémie
Ces deux tests, permettant respectivement la mesure du taux sanguin de glucose et de cholestérol, donnent des indications importantes sur d’éventuelles perturbations du métabolisme des glucides et des lipides. Ils interviennent dans le dépistage du diabète et des facteurs de risque cardiovasculaires, qui affectent bon nombre de femmes, notamment pendant la grossesse.
Le diabète sucré, souvent latent au début, devient rapidement un véritable problème de santé qui peut menacer durablement la vie et le bien-être. Les complications vont des comas diabétiques aux pieds diabétiques, en passant par des neuropathies, une néphropathie, la rétinopathie diabétique, l’obésité , ou encore un poids anormalement élevé à la naissance chez les nouveaux nés de femmes enceintes diabétiques, pour ne citer que celles-là. D’importantes répercussions en découlent, tant sur le plan de la santé que d’un point de vue financier, partout à travers le monde, faisant du diabète un véritable problème de santé publique.
La glycémie à jeun est un test de dépistage extrêmement simple, peu coûteux et fiable pour dépister le diabète sucré. Elle peut être complétée par la glycémie veineuse, l’hémoglobine glyquée et éventuellement un test d’hyperglycémie provoquée par voie orale. Un dépistage annuel est préconisé (glycémie à jeun).
Quant au taux de cholestérol, son augmentation dans le sang peut également affecter dangereusement le système vasculaire, à travers l’athérosclérose, qui prédispose à l’hypertension artérielle, au diabète et à la maladie thromboembolique. C’est pourquoi des tests sanguins biochimiques pour vérifier le taux de cholestérol à partir de 30 ans sont recommandés, à une fréquence d’un dépistage tous les 5 ans si les valeurs sont dans la plage normale.
En cas de détérioration des valeurs, des examens plus fréquents doivent être effectués. Dans la plupart des cas, votre médecin recommandera d’abord d’optimiser le mode de vie, avant de vous prescrire éventuellement des traitements médicamenteux spécifiques.
Conclusion : la médecine préventive de plus en plus incontournable
À une ère où l’incidence et la prévalence des pathologies chroniques sont en augmentation, avec pour la plupart un caractère irréversible à un stade avancé, la pertinence des méthodes de dépistage précoces ne fait aucun doute.
Bien que les examens développés dans cet article ne soient pas toujours une partie de plaisir et aient un coût non négligeable, il n’en demeure pas moins que profiter de l’offre existante en termes de médecine préventive peut non seulement vous sauver la vie, mais aussi améliorer sa qualité.
