Acné persistante, peau plus grasse, cheveux qui s’affinent ou cycles irréguliers… Ces symptômes sont parfois liés à un déséquilibre hormonal discret : l’hyperandrogénie relative chez la femme. Contrairement à une hyperandrogénie “absolue”, les taux d’androgènes ne sont pas nécessairement trop élevés – c’est leur proportion par rapport aux hormones féminines (œstrogènes et progestérone) qui crée le déséquilibre.
Il est tout à fait possible de réguler cette situation, souvent par des mesures simples et un accompagnement médical adapté. Voici l’essentiel à savoir pour comprendre, identifier et apaiser ce trouble hormonal fréquent.
Qu’est-ce que l’hyperandrogénie relative ?
Les androgènes (comme la testostérone) sont des hormones naturellement présentes chez toutes les femmes. En quantité normale, ils participent à la vitalité, à la libido et à la santé musculaire.
Mais lorsque leur proportion augmente par rapport aux hormones féminines, des signes physiques et cutanés peuvent apparaître : pilosité plus dense, acné hormonale, perte de cheveux, ou irrégularités menstruelles.
Bon à savoir
Lors d’un bilan hormonal, les taux d’androgènes peuvent apparaître “dans la norme”. Pourtant, le rapport entre les hormones peut être déséquilibré : c’est ce qui provoque les symptômes.
On parle alors d’une hyperandrogénie “relative”– subtile à mesurer, mais bien réelle dans le corps.
Quelles sont les causes de l’hyperandrogénie relative chez la femme ?
Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce déséquilibre hormonal :
1. Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)
C’est la cause la plus courante. Le SOPK entraîne une surproduction d’androgènes par les ovaires, perturbant l’ovulation et les cycles.
Il se manifeste souvent par des cycles irréguliers, de l’acné hormonale, une pilosité accrue et parfois une prise de poids.
2. Le stress chronique
Le cortisol (hormone du stress) influence la production d’œstrogènes et de progestérone.
Un stress prolongé peut donc favoriser une dominance androgénique et dérégler le cycle menstruel.
Astuce bien-être
Pratiquer une activité qui apaise le système nerveux (marche, cohérence cardiaque, méditation, yoga doux) aide à stabiliser le cortisol et donc… les hormones.
3. L’alimentation et la résistance à l’insuline

Une alimentation riche en sucres rapides ou une résistance à l’insuline peut stimuler la production d’androgènes par les ovaires et, dans une moindre mesure, par les glandes surrénales.
Ce mécanisme favorise une hyperandrogénie relative, surtout chez les femmes jeunes ou atteintes de SOPK.
Bon à savoir
À la ménopause, même si les ovaires sont moins actifs, la résistance à l’insuline reste un facteur clé :
- elle entretient les déséquilibres hormonaux,
- favorise la prise de poids abdominale,
- et peut accentuer la dominance androgénique relative (pilosité localisée, peau plus grasse).
D’où l’intérêt, à tout âge, d’une alimentation à index glycémique bas, riche en fibres, légumineuses, protéines de qualité et bons gras (comme les oméga-3).
4. Les médicaments ou contraceptifs
Certains traitements (stéroïdes anabolisants, antiépileptiques, dispositifs hormonaux) peuvent déséquilibrer les taux d’androgènes.
Vous devez toujours en parler à un professionnel avant tout changement.
Pour en savoir plus sur les fluctuations hormonales chez la femme entre 30 et 50 ans, consultez notre article Fluctuations hormonales entre 30 et 50 ans : ce que chaque femme devrait savoir
Comment reconnaître une hyperandrogénie relative ?
Les symptômes varient selon chaque femme, mais certains signes sont révélateurs :
- Acné hormonale (surtout au menton et à la mâchoire)
- Chute de cheveux ou cheveux plus fins
- Pilosité accrue sur le visage ou le corps
- Cycles irréguliers ou absence d’ovulation
- Sautes d’humeur, baisse d’énergie, irritabilité
- Difficulté à perdre du poids, surtout au niveau de l’abdomen
Astuce bien-être
Tenir un journal de cycle (dates, humeur, symptômes physiques) permet d’observer les variations hormonales et d’en parler plus facilement à son médecin.
Bon à savoir
Et les poils qui apparaissent à la ménopause ?
À la ménopause, les taux d’œstrogènes et de progestérone chutent naturellement, tandis que la production d’androgènes diminue plus lentement.
Résultat : le rapport hormonal se modifie – les androgènes deviennent relativement dominants, même sans excès mesuré.
Cela peut entraîner :
- l’apparition de poils sur le menton, la lèvre supérieure ou autour des aréoles
- une peau plus grasse
- parfois une chute de cheveux diffuse
C’est une forme d’hyperandrogénie relative liée à la ménopause, fréquente et bénigne. Un bilan hormonal ou un traitement local ou hormonal doux peut aider à rétablir l’équilibre et à atténuer ces manifestations.
Comment apaiser l’hyperandrogénie relative ?
- Adapter son hygiène de vie
- Favoriser une alimentation anti-inflammatoire : légumes verts, oméga-3, protéines maigres
- Limiter les sucres rapides et les produits ultra-transformés
- Bouger régulièrement : l’activité physique régule la glycémie et soutient la production hormonale
- Soutenir le foie et la détox hormonale
Le foie métabolise les hormones. Lorsqu’il est surchargé (alcool, café, stress, pollution), les androgènes s’accumulent plus facilement.
Hydratation, légumes crucifères (brocoli, chou, roquette) et sommeil suffisant favorisent une meilleure élimination hormonale. - Consulter si nécessaire
Un bilan hormonal complet peut aider à évaluer la situation (testostérone libre, DHEA, SHBG, œstradiol, progestérone). Selon les résultats, un médecin pourra proposer :
- une contraception adaptée
- ou un traitement spécifique (anti-androgène, progestatif, régulateur métabolique)
En résumé
L’hyperandrogénie relative chez la femme est un déséquilibre hormonal subtil mais fréquent, influencé par le mode de vie, le stress ou l’âge. En écoutant les signaux du corps et en s’entourant d’un suivi adapté, il est tout à fait possible de retrouver son équilibre intérieur et une harmonie hormonale durable.
Hyperandrogénie relative : checklist rapide
- Observez vos symptômes
Acné persistante, pilosité accrue, chute de cheveux, cycles irréguliers, fatigue, irritabilité, difficulté à perdre du poids. - Notez vos habitudes et antécédents
Alimentation, médicaments hormonaux ou stéroïdes, stress chronique, historique familial (SOPK, troubles hormonaux). - Quel médecin consulter ?
- Gynécologue : troubles de cycle, SOPK, acné hormonale.
- Endocrinologue : bilan hormonal complet, suspicion de déséquilibre complexe.
- Médecin généraliste : initie le bilan, oriente vers le spécialiste, suit les symptômes.
- Quels examens demander ?
- Dosage hormonal : testostérone totale et libre, DHEA-S, SHBG, œstradiol, progestérone.
- Bilan métabolique si résistance à l’insuline ou surpoids : glycémie, insuline, profil lipidique.
- Éventuellement échographie ovarienne si suspicion de SOPK.
- Hygiène de vie à surveiller en attendant le bilan
Limiter les sucres rapides et aliments ultra-transformés, privilégier légumes, fibres, protéines de qualité et bons gras, pratiquer une activité physique régulière et gérer le stress (yoga, méditation, marche).
FAQ – Vos questions fréquentes
- Peut-on avoir une hyperandrogénie sans SOPK ?
Oui. Le stress, la résistance à l’insuline ou certains traitements peuvent provoquer un déséquilibre androgénique même sans SOPK. - Les analyses sanguines détectent-elles toujours le problème ?
Pas toujours. Dans l’hyperandrogénie “relative”, les taux peuvent sembler normaux, mais le rapport hormonal global est déséquilibré. - Les poils sur le visage à la ménopause sont-ils inquiétants ?
Non, c’est souvent lié à un déséquilibre hormonal naturel où les androgènes deviennent plus influents. Un médecin peut confirmer par un bilan simple et proposer un soin ou traitement adapté. - Les compléments naturels peuvent-ils aider ?
Certains extraits végétaux (comme la racine de réglisse, le maca ou le saw palmetto) peuvent soutenir la régulation hormonale — mais ils ne remplacent pas un suivi médical. - Ce déséquilibre est-il durable ?
Non, dans la majorité des cas, une prise en charge adaptée (alimentation, gestion du stress, traitements ciblés) permet de retrouver un équilibre hormonal et un confort durable.
