Les cystites peuvent devenir plus fréquentes après la ménopause. Ce phénomène n’est pas simplement lié à l’âge : la diminution des œstrogènes qui accompagne la ménopause entraîne des changements au niveau de la zone génito-urinaire, qui peuvent favoriser les infections urinaires.
Sécheresse vaginale, irritation, envie plus fréquente d’uriner ou infections urinaires à répétition peuvent ainsi apparaître ou s’accentuer après la ménopause.
Mais une cystite n’est pas une conséquence inévitable de la ménopause. Plusieurs facteurs peuvent intervenir et des solutions existent pour réduire le risque de récidive.
Qu’est-ce qu’une cystite ?
Une cystite est une infection de la vessie, généralement provoquée par des bactéries qui remontent l’urètre jusqu’à la vessie.
Elle peut provoquer :
- une sensation de brûlure ou de douleur en urinant ;
- une envie fréquente ou urgente d’uriner ;
- le besoin d’uriner en petites quantités ;
- une douleur ou une pression dans le bas-ventre ;
- parfois une urine trouble ou du sang dans les urines.
Une infection urinaire peut également toucher d’autres parties du système urinaire. Il est donc important de distinguer une simple cystite d’une infection plus haute, notamment lorsque des symptômes généraux apparaissent.
Pourquoi les cystites sont-elles plus fréquentes après la ménopause ?
Le principal changement est hormonal.
Pendant la ménopause, les ovaires produisent progressivement moins d’œstrogènes. Cette diminution peut modifier les tissus du vagin et de l’urètre ainsi que l’environnement vaginal.
Ces changements peuvent notamment entraîner :
- une sécheresse vaginale ;
- une irritation ou une fragilité accrue des tissus ;
- des modifications de la flore vaginale ;
- davantage de symptômes urinaires.
La baisse des œstrogènes peut ainsi créer un environnement plus favorable à la survenue d’infections urinaires récidivantes. Chez les femmes ménopausées présentant des cystites récidivantes, la Haute Autorité de Santé (HAS) indique que les œstrogènes peuvent être proposés en application locale, après avis gynécologique.
Pourquoi la baisse des œstrogènes joue-t-elle un rôle ?
Les œstrogènes participent au maintien de l’environnement génito-urinaire. Lorsque leur taux diminue, les tissus peuvent devenir plus secs et plus fragiles et l’équilibre de la flore vaginale peut évoluer.
Or, la flore vaginale joue un rôle dans la protection contre certaines bactéries responsables des infections urinaires.
La ménopause ne « provoque » donc pas directement une cystite. Elle peut plutôt modifier plusieurs mécanismes de défense qui contribuent habituellement à limiter les infections.
Cystite ou symptômes de la ménopause : comment faire la différence ?
La distinction n’est pas toujours évidente.
Une cystite provoque généralement des symptômes urinaires tels que des brûlures en urinant, des envies fréquentes ou urgentes d’uriner et parfois une douleur dans le bas-ventre.
Les changements génito-urinaires liés à la ménopause peuvent également provoquer une sécheresse, une irritation, des brûlures, une envie plus fréquente d’uriner ou des infections urinaires à répétition.
Une consultation peut donc être nécessaire lorsque les symptômes persistent, reviennent fréquemment ou ne correspondent pas à une cystite clairement identifiée.
Que peut-on faire pour réduire le risque de cystite ?
Certaines habitudes peuvent contribuer à réduire le risque d’infection urinaire :
Buvez régulièrement
Une hydratation suffisante permet d’uriner régulièrement et peut aider à limiter la stagnation des bactéries dans les voies urinaires. L’eau est généralement le choix le plus simple.
Ne vous retenez pas systématiquement
Lorsque vous avez envie d’uriner, essayez de ne pas repousser systématiquement le moment d’aller aux toilettes.
Prenez soin de la zone génitale sans excès
Une hygiène douce suffit. Les produits agressifs ou les lavages répétés peuvent irriter la zone vulvo-vaginale.
Après les rapports sexuels
Certaines femmes remarquent que leurs cystites surviennent plus fréquemment après un rapport sexuel. Uriner après un rapport peut faire partie des mesures simples proposées pour limiter les récidives chez les personnes concernées.
Traitez également la constipation
La constipation peut parfois contribuer aux problèmes urinaires. Sa prise en charge peut donc faire partie des mesures générales permettant d’améliorer la santé urinaire.
Et l’œstrogène vaginal ?
Lorsque les infections urinaires deviennent récidivantes autour de la périménopause ou après la ménopause, un professionnel de santé peut parfois proposer un œstrogène vaginal.
Il s’agit d’un traitement local disponible sous différentes formes, notamment crème, gel, comprimé ou dispositif vaginal. Il vise à agir localement sur les tissus génito-urinaires.
Le NICE recommande de considérer l’œstrogène vaginal chez les personnes en périménopause ou ménopausées souffrant d’infections urinaires récidivantes lorsque les mesures comportementales et d’hygiène ne sont pas suffisamment efficaces ou ne sont pas adaptées.
Les données examinées par le NICE montrent que certains traitements œstrogéniques vaginaux peuvent réduire le risque d’infections urinaires récidivantes chez les femmes ménopausées. En revanche, l’œstrogène administré par voie systémique n’est pas recommandé spécifiquement pour prévenir les infections urinaires récidivantes.
Est-ce adapté à toutes les femmes ?
Non. Comme tout traitement, l’œstrogène vaginal doit être discuté avec un professionnel de santé en fonction des antécédents et de la situation de chaque personne.
Une attention particulière est notamment nécessaire en cas d’antécédent de cancer du sein ou de saignements vaginaux inexpliqués.
Que faire en cas de cystites à répétition ?
On parle généralement d’infections urinaires récidivantes lorsqu’une personne présente au moins deux épisodes en six mois ou trois épisodes en douze mois.
Dans ce cas, il est préférable de ne pas simplement traiter chaque épisode isolément.
Le professionnel de santé peut rechercher :
- la fréquence réelle des infections ;
- les éventuels facteurs déclenchants ;
- un lien avec les rapports sexuels ;
- la présence de symptômes génito-urinaires de la ménopause ;
- certains facteurs médicaux pouvant favoriser les infections ;
- la nécessité d’une prévention spécifique.
Selon la situation, différentes stratégies peuvent être envisagées. Chez les femmes en périménopause ou après la ménopause présentant des infections urinaires récidivantes, un œstrogène vaginal peut notamment être proposé lorsque les mesures comportementales et d’hygiène ne suffisent pas.
Quand faut-il consulter ?
Une cystite simple peut souvent être prise en charge facilement, mais certains symptômes nécessitent une évaluation médicale.
Consultez notamment si :
- les symptômes sont importants ou ne s’améliorent pas ;
- les infections reviennent régulièrement ;
- vous avez du sang dans les urines ;
- vous avez de la fièvre ou des frissons ;
- vous ressentez une douleur dans le dos ou sur le côté ;
- vous êtes très faible ou vous vous sentez particulièrement mal.
Une infection urinaire accompagnée de fièvre, de frissons ou de douleurs lombaires peut indiquer que l’infection ne se limite pas à la vessie et nécessite une prise en charge médicale.
En résumé
Les cystites peuvent devenir plus fréquentes pendant et après la ménopause en raison notamment de la diminution des œstrogènes et des changements qu’elle entraîne au niveau des tissus génito-urinaires.
Une bonne hydratation, une hygiène douce et certaines habitudes peuvent contribuer à réduire le risque de récidive. Lorsque les infections urinaires reviennent régulièrement, une prise en charge médicale permet d’identifier les facteurs favorisants et de discuter des solutions de prévention.
L’œstrogène vaginal peut notamment être envisagé dans certaines situations de cystites récidivantes chez les femmes en périménopause ou après la ménopause. Il ne convient toutefois pas à toutes les situations et doit être discuté avec un professionnel de santé.
FAQ
Pourquoi a-t-on plus de cystites après la ménopause ?
La baisse des œstrogènes peut entraîner des modifications des tissus génito-urinaires et de l’environnement vaginal, ce qui peut favoriser les infections urinaires récidivantes.
Comment éviter les cystites après la ménopause ?
Une hydratation suffisante, une hygiène douce et certaines habitudes urinaires peuvent contribuer à réduire le risque. En cas de cystites récidivantes, un professionnel de santé peut proposer des mesures de prévention supplémentaires, notamment l’œstrogène vaginal dans certaines situations.
L’œstrogène vaginal peut-il prévenir les cystites ?
Oui, il peut être envisagé chez les personnes en périménopause ou après la ménopause qui présentent des infections urinaires récidivantes lorsque les mesures comportementales ne suffisent pas. Il agit localement et doit être prescrit ou conseillé en fonction de la situation médicale.
Quelle est la différence entre une cystite et les symptômes urinaires de la ménopause ?
Les deux peuvent provoquer des symptômes similaires, notamment des brûlures, une envie fréquente d’uriner ou une gêne urinaire. Une cystite est une infection, tandis que les symptômes génito-urinaires de la ménopause sont liés notamment à la diminution des œstrogènes. Une évaluation médicale peut être nécessaire pour les distinguer.
À partir de combien de cystites parle-t-on d’infections urinaires récidivantes ?
On parle généralement d’infections urinaires récidivantes à partir de deux épisodes en six mois ou de trois épisodes en douze mois.
